Ballons pastel, gâteau en couches, jeux autour du ventre de la future maman et pile de cadeaux : la baby shower s'est imposée en quelques années dans les habitudes françaises. Mais d'où vient cette fête, pourquoi certaines familles préfèrent-elles attendre la naissance pour célébrer, et comment le reste du monde accueille-t-il un nouveau-né ? Petit voyage à travers les traditions de naissance.
C'est quoi, une baby shower ?
Une baby shower est une fête organisée avant la naissance, généralement au septième ou au huitième mois de grossesse, en l'honneur de la future mère. Le mot anglais shower, qui signifie averse, renvoie à l'idée de la couvrir de cadeaux. Ce sont le plus souvent les amies proches ou la famille qui l'organisent, parfois en surprise.
Le déroulé varie, mais on retrouve souvent les mêmes ingrédients :
- des cadeaux utiles pour les premiers mois, parfois choisis sur une liste de naissance ;
- des jeux, comme deviner la date de naissance, le poids du bébé ou le tour de ventre de la maman ;
- un buffet sucré et une décoration aux couleurs douces ;
- des messages ou des conseils écrits par les invités pour les futurs parents.
D'où vient la baby shower ?
La baby shower telle qu'on la connaît aujourd'hui s'est popularisée aux États-Unis au milieu du XXe siècle, dans l'Amérique du baby-boom de l'après-guerre. Dans une société où les jeunes couples s'installaient souvent loin de leur famille, la fête permettait d'équiper le foyer avant l'arrivée de l'enfant et de réunir autour de la future mère un cercle de soutien.
L'idée de célébrer une grossesse et d'entourer la femme qui va accoucher est pourtant bien plus ancienne, et presque universelle. Ce qui est propre à la version américaine, c'est son format : une fête avant la naissance, centrée sur les cadeaux. En France, elle s'est diffusée à partir des années 2000 et 2010, portée par les séries, les magazines puis les réseaux sociaux.
Fêter avant ou après la naissance ?
La baby shower heurte parfois une sensibilité très répandue : dans de nombreuses cultures, on évite de célébrer un enfant qui n'est pas encore né. Par prudence, par pudeur ou par crainte d'attirer le mauvais sort, beaucoup de familles juives, musulmanes ou d'Europe de l'Est préfèrent ne rien acheter ni offrir avant l'accouchement. Le trousseau se prépare discrètement, et la fête vient ensuite.
C'est pour cette raison que d'autres formats ont émergé. Le sip and see, venu lui aussi des États-Unis, invite les proches à découvrir le bébé quelques semaines après sa naissance, autour d'un verre. Il rejoint en réalité des traditions bien plus anciennes, qui ont toujours placé la fête après l'arrivée de l'enfant.
Comment le monde célèbre l'arrivée d'un bébé
À travers les continents, la naissance donne lieu à des rites très différents, mais qui partagent souvent un même calendrier : on attend quelques jours, le temps de s'assurer que la mère et l'enfant vont bien, puis on réunit la communauté.
Au Maghreb, le sbouâ célèbre le septième jour après la naissance. C'est à cette occasion que le prénom de l'enfant est annoncé à la famille élargie, autour d'un repas et de pâtisseries.
Dans la tradition musulmane, ce même septième jour est celui de l'aqiqa, un sacrifice accompli en remerciement pour la naissance. La viande est partagée entre la famille, les voisins et les personnes dans le besoin, si bien que la fête nourrit aussi ceux qui n'y sont pas invités. De nombreuses familles installées en France font aujourd'hui réaliser ce sacrifice à distance, par exemple avec Aqiqah.io, qui l'organise dans un pays où la viande manque et envoie une vidéo nominative aux parents.
Dans la tradition juive, la circoncision du petit garçon a lieu le huitième jour, lors d'une cérémonie où il reçoit son prénom, tandis que les petites filles sont nommées à la synagogue lors de la lecture de la Torah.
En Chine, la fête du premier mois marque la fin de la période de repos de la jeune mère, qui reste traditionnellement à la maison pendant trente jours après l'accouchement. On offre alors des œufs teints en rouge, couleur de la chance, aux proches et aux voisins.
Au Japon, l'oshichiya réunit la famille le septième soir : le prénom du bébé est calligraphié sur une feuille de papier affichée dans la maison.
Chez les Yoruba du Nigeria, la cérémonie du nom a lieu environ une semaine après la naissance. On fait goûter symboliquement à l'enfant du miel, du sel ou de l'eau, chaque aliment représentant un vœu pour sa vie future.
Et si l'on mélangeait les traditions ?
La baby shower n'a pas vocation à remplacer les rites familiaux, et beaucoup de parents choisissent aujourd'hui de combiner les deux : un moment entre amies avant la naissance, puis une fête familiale, religieuse ou non, une fois le bébé arrivé. Au fond, qu'elle ait lieu au huitième mois de grossesse ou au septième jour de vie, la fête dit toujours la même chose : un enfant ne grandit jamais seul, il arrive dans une communauté qui l'attend.
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